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Cracovie, la belle Polonaise (Partie 1)

29 Avr 2020 | Carnet de voyage

Cracovie, la belle Polonaise (Partie 1)

29 Avr 2020 | Carnet de voyage

Je suis heureuse de réaliser mon premier Carnet de voyage à destination de Cracovie en Pologne !

Destination à saveur toute particulière : j’avais un rêve, celui de découvrir cette ville profondément marquée par le communisme et la seconde guerre mondiale.

Cette période récente de notre Histoire, aussi effrayante que passionnante, m’avait fortement marqué alors encore sur les bancs de l’école. La visite du camp d’Auschwitz-Birkenau était l’un des objectifs de notre venue en Pologne. Comme jamais auparavant, j’ai préparé notre itinéraire des mois en avance. J’ai lu et relu certains livres qui résonnaient encore en moi lors des visites historiques et des lieux de commémoration.

Cracovie, coeur de la Pologne, est aussi l’une des plus belles villes d’Europe centrale. Ses maisons, ses fresques baroques et ses peintures, nous plongent dans un univers attachant et poétique, où les amoureux d’histoire et de culture y passeraient des semaines sans se lasser.

Dernier voyage avant l’arrivée de ma deuxième fille, j’ai donc eu la chance d’arpenter les rues de cette belle ville historique et culturelle l’an dernier. Nous sommes partis tous les trois avec Juliette et son papa. J’étais alors enceinte de plus de 7 mois, ce qui ne m’a pas empêché de profiter pleinement de mon séjour ! Voici mon parcours !

  • Départ le 1er octobre depuis l’aéroport de Lyon, destination Cracovie. 2h15 de vol.
  • Depuis l’aéroport de Cracovie, nous récupérons notre voiture de location que nous garderons toute la durée du séjour.
  • On se dirige vers notre Airbnb situé dans Kazimierz pour prendre possession des lieux et se reposer. Nous commencerons les visites le lendemain !

JOUR 1

Visite du camp d’Auschwitz-Birkenau

LE JOUR TANT ATTENDU

La visite du plus grand complexe concentrationnaire sous le Troisième Reich, à la fois camp de concentration et camp d’extermination. Auschwitz est difficile à raconter. Pour plus d’un million d’êtres humains, ce fut la fin du voyage. Je crois qu’on ne visite pas ce lieu par hasard. Pour ma part, l’idée de découvrir ce camp résultait d’un long cheminement qui avait commencé dès l’adolescence, lorsque je me suis plongée dans des livres racontant l’horreur. L’ouvrage de Primo Levi, Si c’est un homme, m’avait profondément marqué. Bien plus que mes cours universitaires, j’avais commencé à m’intéresser à cette période sombre de notre Histoire grâce à tous ces anciens déportés miraculeusement sortis des camps.

J’avais choisi d’effectuer ma visite avec un guide. J’ai longuement hésité car je ne voulais pas que l’on m’impose une visite au pas de course. Je n’ai finalement pas été déçue puisque le guide nous laissait des temps de recueillement et de lecture assez longs.

Je me dirige avec mon groupe sur le camp principal d’Auschwitz I, construit en 1940 sous la directive d’Heinrich Himmler. Dès mon arrivée, je suis saisie par la présence de bus scolaires par dizaines, majoritairement des étudiants polonais venus visiter les lieux. Je ne saurais pas vous dire pourquoi, mais je me sens soulagée. Certainement satisfaite, qu’aujourd’hui, une volonté de transmission et d’information soit bien présente chez les plus jeunes. Me voici donc à franchir la porte tristement célèbre Arbeit Macht Frei (Le travail rend libre). J’avais lu tellement d’ouvrages et de documentations que j’ai l’impression de déjà connaître les lieux. Ma fille, alors âgée de 2 ans à l’époque de la visite, est restée avec papa afin que je puisse m’imprégner de l’endroit.

Grande porte d’Auschwitz I surmontée de l’inscription ARBEIT MACHT FREI

Ce seul article ne me permettra pas de vous détailler l’ensemble de ma visite car Auschwitz est complexe. Ma seule et unique matinée dans ce camp principal fut insuffisante pour découvrir l’ensemble des lieux et me documenter sur toutes les expositions présentes. Il y a une telle masse d’informations qu’il m’aurait fallu plusieurs jours pour découvrir la globalité du site. Plusieurs blocks abritent des expositions générales incluant des objets, des photos, des artefacts, etc. D’autres blocks sont plus spécialisés où l’on s’intéresse à des populations ciblées. Certains aspects particuliers du nazisme sont aussi décortiqués.

Néanmoins, je souhaiterais vous parler de  »la piscine d’Auschwitz ». Force est de constater qu’elle est bien réelle. Lorsque j’avais découvert en lisant Raphaël Esrail, L’espérance d’un baiser, que cette piscine avait été construite par les déportés eux-mêmes sous la contrainte des SS en 1944, je m’étais jurée qu’un jour j’irai la voir. Terrifiant objet de propagande nazie haineuse, cette piscine est bouleversante car on imagine facilement le symbole qu’elle représente. Tout cela n’avait qu’un seul but : montrer que la vie dans le camp était agréable et que les prisonniers étaient bien traités. Pourtant, notre guide n’en fait pas cas un seul instant. Je suis contrainte de lui demander en fin de matinée alors que la visite du camp principal s’achève bientôt, pourquoi n’allons nous pas découvrir cette piscine. Il me répond qu’elle ne fait pas partie du tour, que peu de personnes connaissent l’existence de ce bassin. Je réussis malgré tout à l’apercevoir au loin, par l’une des fenêtres du block 6. Je suis soulagée mais la prise de photo n’est pas optimale, je suis trop éloignée.

Au début du mois de juillet 1944, je vois des camarades, pelles et pioches en mains, creuser une immense fosse en bordure de l’allée qui passe derrière notre Block. Renseignement pris, il paraît qu’il s’agit d’une piscine ! J’en reste incrédule. Nous ne sommes tout de même pas dans un camp de vacances ! Ou alors est-elle destinée au plaisir des SS ? Ce que j’imagine aussi très mal. Cette construction n’a pas de relation logique avec la réalité du camp. (…) Malheureusement, je n’en ai pas encore fini avec cette piscine. Après quatre semaines environ, vers le début du mois d’août, elle est achevée. Nous pouvons l’apercevoir depuis les fenêtres de notre Block : en béton, dotée d’un plongeoir et d’une échelle d’accès, une vraie piscine dont la dimension approximative est de 20 mètres de longueur sur 5 mètres de largeur. Cette fois, ce n’est pas ma curiosité mais les SS qui font venir notre Kommando. Des caméramans SS sont en position de filmage et demandent à ceux qui savent nager de s’avancer.

Raphaël Esrail

L’espérance d'un baiser

La matinée s’écoule tranquillement, à plusieurs reprises mes larmes coulent sans trop savoir si je dois me laisser aller ou, au contraire, essayer de prendre une distance émotionnelle avec le lieu. Il est déjà midi, mon guide doit maintenant se diriger vers Birkenau afin de poursuivre la visite. Je choisis à ce moment-là de quitter le groupe. J’ai besoin de temps pour retrouver mes esprits et profiter du repas avec ma fille et papa. Nous irons découvrir Birkenau en famille dans l’après-midi.

Une visite émouvante de Birkenau

J’entre donc dans le site de Birkenau par mes propres moyens. Juliette et papa m’accompagnent. Le ciel se couvre, le temps cafardeux rend la visite de ce lieu d’autant plus triste et maussade. En même temps, je n’avais que faire de la météo ce jour-là. Je n’aurais rien changé à mes plans même s’il avait plu toute la journée.

Créé en 1941, le site de Birkenau situé à trois kilomètres du camp principal a été ouvert pour combler la prise en charge des nouveaux déportés toujours plus nombreux. Chaque jour, des arrivages entiers de wagons ne permettaient plus au camp principal de  »satisfaire » la demande. J’ai d’abord été saisie par l’immensité du camp, je ne m’attendais pas à une telle superficie (170 hectares). Il nous faudra plus de 30 minutes pour longer le premier côté du camp. Les baraquements, les ruines, les barbelés se succèdent. La majorité des femmes qui avaient eu la chance de rester en vie car représentant un intérêt pour les SS, étaient majoritairement installées à Birkenau. J’ai beaucoup pensé à elles. On s’imprègne aisément de l’ambiance, du calvaire qu’elles ont subi tellement ce lieu est glaçant. Le camp des femmes est la partie qui reste la mieux préservée. J’ai pris le temps de déambuler à mon rythme, de rentrer dans chaque baraquement encore en état d’être visité.

Au pied du Monument international à la mémoire des victimes du fascisme inauguré en 1967, un texte gravé a été traduit en 22 langues :  »Que ce lieu où les nazis ont assassiné un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants, en majorité des Juifs de divers pays d’Europe, soit à jamais pour l’humanité un cri de désespoir et un avertissement. » Je ne peux m’empêcher de penser à ce que Primo Levi disait :  »Oublier le passé, c’est se condamner à le revivre. »

Les latrines de Birkenau : elles représentent à mon sens à elles seules l’ensemble du processus de déshumanisation des déportés par l’organisation nazie. Elle sont construites de plusieurs trous sans système d’évacuation, sans intimité pour les déportés.

Nous achevons cette visite, il est maintenant 18 heures, la nuit est tombée. Nous avons besoin de rentrer, nous réchauffer, manger et nous coucher en continuant d’y penser. J’ai mis du temps à sortir de l’ambiance glaçante de ce site. Je crois que l’on n’en revient pas tout à fait indemne. On repart avec le sentiment de ne pas tout maîtriser, de ne pas tout comprendre. Je ne peux m’empêcher de penser, de me questionner sur ce qui pourrait nous protéger d’une éventuelle répétition. Car ne l’oublions pas, cela a existé : cette époque pas si lointaine où l’homme a pu faire subir les pires sévices en toute impunité pendant des années.

La suite du voyage, c’est par ici ! vous pouvez suivre ce lien [Carnet de voyage] Quelques jours à Cracovie (Partie 2).

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